LE MOT DU PRÉSIDENT

   Chères adhérentes, chers adhérents,

Au moment où la Direction générale lance les travaux pour préparer la suite du « Cadre d’Objectifs et de Moyens » (2023-2027), il nous a semblé intéressant que l’ADAFiP apporte sa contribution.

La DGFiP dans dix ans : cela semble à la fois lointain et proche. Notre administration ne sera plus tout à fait celle que nous connaissons aujourd’hui. Ses missions fondamentales, calculer, recouvrer, contrôler l’impôt et gérer la sphère publique, demeureront. Mais elle les exercera dans un environnement profondément transformé par la technologie, les attentes citoyennes et la pression budgétaire qui ne devrait pas faiblir.

Se projeter à horizon de dix ans implique d’anticiper des innovations de rupture – et elles sont multiples avec l’intelligence artificielle – avec leurs conséquences sur nos missions, sur nos métiers et nos organisations.

Mais le véritable enjeu ne sera pas technologique. Il sera humain avec des compétences techniques. Tout cela dans un contexte de renouvellement important des générations, déjà à l’œuvre, qui montre un rapport à l’employeur et au travail différent. Plus les procédures seront automatisées, plus la valeur ajoutée des agents reposera sur l’expertise, l’analyse, le recoupement, l’accompagnement des situations complexes. Le contact humain, loin de disparaître, deviendra plus stratégique : accompagnement des entreprises, en difficulté ou non, médiation fiscale, conseil aux collectivités locales à valeur ajoutée accrue.

La DGFiP de demain ne devra pas continuer à être une administration performante mais rester un service public de confiance qui accompagne les habitants du pays tout au long de leur vie. 

Les outils numériques permettront une surveillance accrue des flux financiers. Cette capacité de contrôle devra s’accompagner de garanties fortes en matière de protection des données. La DGFiP devra convaincre qu’elle est à la fois performante et respectueuse des libertés publiques, sous peine d’être perçue comme intrusive.

L’évolution de notre système d’imposition déclaratif vers une logique de validation, tacite ou non, implique un défi démocratique. Plus l’impôt prélevé sera invisible, plus il faudra expliquer son sens. La question ne sera pas seulement : « Comment collecter l’impôt ? » mais : « Comment maintenir le consentement à l’impôt dans une société transformée ? »

Si l’intelligence artificielle constitue le fil rouge de ce numéro, il me semble intéressant de partager avec vous les échanges au sein du bureau de l’ADAFiP sur ce thème qui ont abouti à la construction d’une grille d’analyse qui peut s’appliquer à tous nos métiers.

A cet égard, il serait intéressant que la Direction Générale partage les travaux de la mission Prospective qui mène et exploite des analyses comparatives nationales et internationales et les propositions d’évolution des missions.

 

Vous découvrirez dans ce numéro spécial les contributions de collègues qui se projettent dans ce futur. Je les remercie sincèrement pour leurs réflexions car l’exercice était loin d’être évident. Très bonne lecture !

 
Bien à vous

Samuel Barreault
Président de l’ADAFiP